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Calories par photo : une étude américaine chiffre l'erreur des applis à environ un tiers

Calories par photo : une étude américaine chiffre l'erreur des applis à environ un tiers

4 septembre 2026 6 min de lecture
Une étude présentée au congrès NUTRITION 2026 de l'American Society for Nutrition a comparé quatre applis de suivi calorique par photo (MyFitnessPal, Lose It!, CalAI, Appediet) à des repas précisément pesés dans une cuisine métabolique du NIH. Résultat : les quatre applis sous-estiment les calories de 250 à 345 kcal par repas en moyenne, et les lipides d'environ 30 g, soit environ un tiers de la valeur réelle. L'étude, non encore publiée en revue à comité de lecture, éclaire les limites d'un outil de plus en plus utilisé au quotidien.
Calories par photo : une étude américaine chiffre l'erreur des applis à environ un tiers

Une étude présentée les 25 et 28 juillet 2026 au congrès NUTRITION 2026 de l'American Society for Nutrition (ASN), à National Harbor (Maryland), a testé quatre applications de suivi calorique fonctionnant par simple photo d'assiette : MyFitnessPal, Lose It!, CalAI et Appediet. Menée par des chercheurs du National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases (NIDDK, l'un des instituts du NIH américain), la comparaison s'appuie sur 102 repas préparés dans une cuisine métabolique où chaque ingrédient est pesé au dixième de gramme près1. Résultat : les quatre applis ont sous-estimé les calories de 250 à 345 kcal en moyenne par repas, et les lipides d'environ 30 grammes — soit un écart d'environ un tiers par rapport à la valeur réelle1. L'étude a été relayée par ScienceDaily2 et analysée pour ses limites par Medical Daily3.

Point de méthode : ces résultats ont été présentés sous forme de résumé de conférence (abstract) et n'ont pas encore été publiés dans une revue à comité de lecture — l'ASN elle-même les qualifie de préliminaires. L'échantillon de 102 repas provient d'un essai clinique du NIH comparant régime cétogène et régime standard, pas d'un panel représentatif de plats du quotidien (restaurant, cuisine familiale, cuisines du monde). L'étude est américaine : aucune donnée équivalente sur le marché français n'a été identifiée à ce jour, alors que plusieurs de ces applications — MyFitnessPal et Lose It! notamment — sont aussi utilisées en France. C'est un indicateur de tendance sur quatre applis précises à un instant donné, pas une photographie exhaustive du marché.

250 à 345 kcal manquantes par repas : la mesure de l'écart

Le chiffre central de l'étude est concret : sur les 102 repas testés, l'écart moyen entre l'estimation des applis et la valeur réelle (mesurée par pesée) s'échelonne de 250 à 345 kcal par repas, selon l'application utilisée1. Rapporté à un repas de l'ordre de 700 à 900 kcal, cela représente bien la fourchette du « tiers manquant » avancée par les chercheurs. Pour un usage quotidien, l'implication pratique est simple : une appli de suivi par photo donne un ordre de grandeur, pas une valeur de référence. Si l'objectif est un déficit ou un équilibre calorique précis, mieux vaut la considérer comme un point de départ à corriger plutôt que comme un résultat définitif.

Les lipides, principal angle mort des algorithmes

Le sous-comptage ne touche pas tous les nutriments de la même façon. Les quatre applis ont sous-estimé les lipides d'environ 30 grammes en moyenne, davantage que les autres macronutriments1. Une analyse complémentaire portant sur plus de 200 repas additionnels a montré que l'erreur se creuse encore sur les repas de type cétogène, riches en graisses, probablement parce que les huiles, sauces et matières grasses ajoutées sont difficiles à quantifier visuellement1. Concrètement, un plat qui semble léger à l'œil — une salade largement assaisonnée, un curry, une pâtisserie — est justement le type de repas où l'écart risque d'être le plus important.

Glucides bien repérés, lipides et protéines à la traîne

Autre enseignement de l'étude : les quatre applis estiment les glucides de façon plus régulière que les lipides ou les protéines1. Le riz, les pâtes ou le pain semblent donc mieux « lus » par les algorithmes de reconnaissance d'image que les sources de matières grasses ou certaines protéines animales. Un repère utile pour qui utilise ces outils au quotidien : faire davantage confiance à l'estimation glucidique qu'aux totaux caloriques ou lipidiques, et ajuster manuellement la quantité d'huile, de beurre ou de sauce lorsque c'est possible dans l'application.

Repas copieux mieux estimés que les petites portions

L'étude relève aussi que MyFitnessPal et Lose It! se sont montrées plus précises sur les repas à forte densité calorique que sur les repas plus légers1. Autrement dit, l'écart relatif tend à être plus marqué sur un encas ou une petite portion que sur un repas complet — ce qui peut fausser en particulier le suivi des collations, souvent perçues comme anodines. Pour les personnes qui grignotent entre les repas, ce point mérite une vigilance particulière : additionner plusieurs petites sous-estimations dans la journée peut representer un écart cumulé non négligeable.

Pourquoi la reconnaissance d'image se trompe

Le principe du suivi par photo consiste à faire identifier les aliments par une intelligence artificielle, à estimer la taille des portions à partir de l'image, puis à croiser ces éléments avec une base de données nutritionnelles pour calculer calories et macronutriments1. Chacune de ces trois étapes est une source d'erreur potentielle : un aliment mal identifié, une portion mal évaluée en l'absence de repère d'échelle (assiette, couverts), ou une valeur de base de données qui ne correspond pas exactement à la recette réelle (huile de cuisson, sauce, mode de préparation). Les chercheurs suggèrent que combiner la reconnaissance photo avec une saisie manuelle des ingrédients ou des portions pourrait améliorer sensiblement la fiabilité de ces outils1.

Ce qu'il faut retenir

  • Sur 102 repas testés dans des conditions contrôlées, quatre applis de suivi par photo (MyFitnessPal, Lose It!, CalAI, Appediet) ont sous-estimé les calories de 250 à 345 kcal en moyenne par repas, et les lipides d'environ 30 g.

  • L'écart est plus marqué sur les repas riches en graisses (type cétogène) et sur les petites portions ou collations.

  • Les glucides sont estimés plus fidèlement que les lipides ou les protéines par ces quatre applications.

  • Ce que les données ne disent pas : la solidité de ces résultats sur le long terme (étude non encore publiée en revue à comité de lecture), leur validité sur d'autres applications que les quatre testées, et leur transposition au marché français, pour lequel aucune étude équivalente n'a été identifiée.

  • En pratique : utiliser l'estimation d'une appli par photo comme un ordre de grandeur, ajuster manuellement les portions et les matières grasses quand c'est possible, et rester prudent sur les petites portions et les plats gras.

Sources

  • Photo-based calorie-tracking apps may underestimate energy in meals, communiqué de l'American Society for Nutrition diffusé via EurekAlert!, 25 juillet 2026. Étude présentée à NUTRITION 2026 (National Harbor, Maryland) par Olivia Charles et Aaron Hengist (NIDDK/NIH) ; échantillon de 102 repas pesés en cuisine métabolique, complété par plus de 200 repas additionnels ; résultats préliminaires, non publiés en revue à comité de lecture. Lire le communiqué (EurekAlert!)

  • Your AI calorie-tracking app may be off by 345 calories, ScienceDaily, reprise du communiqué ASN, 26 juillet 2026 (méthodologie et chiffres identiques à la source primaire). Lire l'article (ScienceDaily)

  • AI Calorie-Tracking Apps Underestimate Calories, Fat: NIH Study, Medical Daily, 2026 — analyse des limites méthodologiques de l'étude (échantillon restreint, contexte clinique spécifique, statut préliminaire). Lire l'article (Medical Daily)